Le coeur qui bat sous ces peintures..., par P. Rouanet - Planches - Magritte. - Delvaux. - Gnoli - Postface de Jean Goldman - Catalogue [59 n°].
Frère d'un homme d'Etat (Paul-Henri) et d'un scénariste renommé (Charles), le romancier et dramaturge belge Claude Spaak (1903-1990) fut également un amateur de peinture et un collectionneur avisé de Magritte, Delvaux et plus tard Gnoli. "Bruxelles, 1933 : la galerie qui tient Magritte sous contrat fait faillite. Le liquidateur offre le fonds à Claude Spaak. Celui-ci", écrit Pierre Rouanet, "requiert sa famille et assiste au partage du lot, regardant du même regard les toiles qui partent chez d'autres et celles qui lui échoient. Le peintre affamé veut renoncer aux pinceaux ; Claude Spaak réunit douze parents et amis pour lui faire un nouveau contrat, un abonnement par mensualités. Sur douze toiles, il n'en reçoit qu'une, mais il lui importait que toutes éclosent. "Bruxelles, 1931 : Spaak qui dirige à cette époque le service des expositions du Palais des Beaux-Arts, en profite pour ménager au jeune Delvaux un sompteux accrochage clandestin... dans les antichambres de "L'Art Vivant" qui refusait de le reconnaître. Il a raconté aussi comment son enthousiasme surréaliste apprivoisa l'expressionnisme initial de Delvaux, lui fit ensuite frôler Chirico, l'orienta vers le fantastique inquiet et inquiétant." De nombreuses pièces de Spaak furent jouées au Vieux Colombier, à l'Athénée, au théâtre de Babylone ; Delvaux exécuta notamment les décors de L'absent et de L'heure sonnera.