Carpeaux 1827-1875 -
Edition du centenaire
Musée de Valenciennes
1927

La reproduction du buste de l'épouse de Carpeaux (1869), qui figure en frontispice du tome 2, révèle d'emblée la charge affective qui anime ce document passionnant par ses excès mêmes : s'il a été écrit en hommage à l'oeuvre paternel, et constitue par la même un document d'histoire de l'art à part entière, le dernier tome se présente plus encore comme un vibrant plaidoyer pro domo et une justification sans faille de l'action de sa mère, injustement calomniée selon l'auteur. Jour après jour, lettre après lettre, document après document, Louise Clément-Carpeaux, devenu la vestale de la famille Carpeaux après la mort de son frère, instruit le procès mémoriel en véritable magistrate de la postérité, habitée par la volonté d'administrer aux yeux de tous la preuve de la culpabilité de "ceux qui ont froidement et âprement travaillé à la ruine du pauvre foyer" Carpeaux. La conclusion de l'auteur s'apparente ainsi à un véritable verdict, qui livrerait à l'histoire la liste des "vrais coupables". "Ceux-là nous les connaissons, écrit-elle. Les vils exploiteurs du génie, ce sont les parents du maître, d'abord ; puis toute la bande insolite, lancée à la poursuite de l'oeuvre par l'astucieux praticien Victor Bernard, adroitement couvert par la vanité pompeuse, et non désintéressé, du prince Stirbey.
"J'ai assisté à la mort sereine de ma mère, vraie mort du juste."