Huisman, Georges
Memlinc


Les Peintures primitives des XIVe-XVe & XVIe siècles de la collection Renders à Bruges
Hulin de Loo, H. et Michel, Edouard
Charles Beyaert, Editeurs, Bruges/B.T. Batsford, Londres, 1927.
In-4, broché sous couverture illustrée, dans son étui cartonné, 138 pp.
Tirage limité à 250 exemplaires numérotés sur Japon Dujardin.
Notre exemplaire porte le n° 116.
Nombreuses illustrations à pleine page en noir et en couleurs, certaines contrecollées et imprimées en deux tons.
Bon état d'ensemble. Rides et quelques frottements sans gravité sur le dos.
Introduction, par Hulin de Loo - Planches - Notices, par Edouard Michel - Bibliographie sommaire - Table des matières avec notes documentaires.
Préfacé et annoté par les historiens d'art Hulin de Loo et Edouard Michel, grands spécialistes des écoles du Nord, ce catalogue de prestige a été édité à l'occasion de l'exposition de la Collection de primitifs flamands d'Emile Renders à Londres, Burlington House, en janvier-février 1927.
A Bruges puis à Bruxelles, Emile Renders (1872-1956), banquier fortuné, avait fini par réunir une des principales collections de Primitifs flamands dans la Belgique de l'entre-deux-guerres. Sa réputation de connaisseur de l'art flamand était à ce point reconnue, que sa collection reçut la consécration suprême lorsque l'Etat belge l'exposa à Londres en 1927. La réputation de polémiste de Renders n'était plus à faire tant il défendit ses thèses avec une énergie peu coutumière dans le milieu des historiens d'art professionnels. Publiée la même année que son essai sur Van Eyck, la virulence langagière -proche de l'invective- de sa Lettre ouverte à Jules Destrée, une manoeuvre régionaliste en marge de l'exposition "Cinq siècles d'art" (1935) sidère encore le lecteur d'aujourd'hui et fait de ce personnage emporté une sorte de capitaine Haddock de la critique d'art. Cette passion sans limites connut aussi ses zones d'ombres peu reluisantes pendant la Seconde Guerre mondiale riche en trafics éhontés d'œuvres d'art.
"Après d'âpres négociations, qui durèrent plusieurs mois entre 1940 et 1941, Emile Renders vendit l'ensemble de sa collection de Primitifs -vingt tableaux- au maréchal Goering [...] Une partie de sa collection fut transférée dans sa résidence de Karinhall, l'autre vendue ou échangée pour des oeuvres de maîtres anciens. L'un des principaux intermédiaires entre Goering et Renders était un certain Alois Miedl, homme de confiance du maréchal, qui avait fait main basse à Amsterdam sur la firme Goudstikker." (L'Affaire Van der Veken, Musées royaux des Beaux-Arts, Bruxelles, Institut royal du patrimoine artistiques, 2005)