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Lurcat Gromaire tapisseries contemporaines a Aubusson Lurcat Jean

Lurçat - Gromaire, tapisseries contemporaines à Aubusson
Lurçat, Jean


Les éditions Braun et Cie, collection "Initier", Lyon, 1943.


In-8, broché sous couverture rempliée, 16 pp.
Avec une quinzaine de reproductions en noir et blanc in texte et en hors-texte.
Nous joignons à cette plaquette l'in-12 broché en bon état de Georges Besson, publié aux éditions Braun & Cie, "collection des maîtres", v. 1950, avec 60 reproductions en noir et blanc en hors-texte.
Etat d'usage. Couverture salie et très défraichie, intérieur jauni mais correct.


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Tapisserie de haute et basse lisse par Jean Lurçat.


En 1938, le peintre Jean Lurçat éprouva une véritable révélation devant l'Apocalypse d'Angers. "A plus d'un observateur, écrira peu après l'artiste, il apparaîtra comme évident que ces "fresques mobiles" que représentent en somme ces grandioses tentures murales des XIVe et XVe siècles exposées au Palais du quai de Tokyo n'ont plus trouvé d'équivalent." Installés à Aubusson, Gromaire et Lurçat tenteront alors de réinventer cet art qui correspondait mieux à leurs yeux aux exigences du monde actuel : la muralité, condition d'un art collectif, redonnait en effet une légitimité sociale à leur création. Cette redécouverte ne pouvait se satisfaire d'un simple retour aux vertus artisanales que le régime de Vichy tentait de promouvoir dans ces mêmes années. "il a été maintes fois, depuis plusieurs années, question du réveil de la tapisserie française. Mais il faut bien convenir, réaffirmera avec fermeté Lurçat en 1947, que le problème fut un peu abusivement abordé sous l'angle d'une renaissance d'un artisanat français. Il ne s'agit pas actuellement d'une renaissance artisanale, mais bien d'un réveil d'ordre esthétique."
A la différence de Gromaire, Lurçat renonça à la peinture pour ne plus se consacrer qu'à la tapisserie. Dans l'opuscule de 1943, rédigé par le seul Lurçat, la tapisserie trouve sa justification contre le tableau de chevalet. La même année, Lurçat avait d'ailleurs publié un article au titre éloquent : "Révolte contre le tableau de chevalet". La peinture à l'huile y est ravalée au rang d'une expression "égoïste", comparée à un "poème de poche". Contre l"'individualisme" du tableau et "la dictature sur le goût de la peinture à l'huile", Lurçat propose de "redonner à la tapisserie murale, vis-à-vis du tableau de chevalet, son indépendance. [...] La tapisserie était morte d'avoir voulu, dans un désir d'imiter les mille nuances de l'huile, exiger du teinturier mille et mille nuances très délicates, trop délicates pour être durables."
Gromaire, qui n'abandonna jamais la peinture, n'aurait sans doute pas souscrit à cet éloge d'un art par l'éreintement d'un autre : "Il est tout aussi vain, écrira-t-il quelques années plus tard, en sens inverse, de dénigrer au profit de la tapisserie murale (ou de la fresque, ou de la céramique murale) le tableau de chevalet.) Il serait facile de voir là une sorte de crainte de ne pouvoir résoudre simultanément deux problèmes différents." (Marcel Gromaire, Aubusson et la Renaissance de la tapisserie, Le Point, 1946, p. 28)
 

 



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