En 1948 et 1949,
Eugène Dodeigne s'était installé avec sa femme et sa fille à
Vézelay, partageant une maison avec des amis. "Ils s'y emploient tous à faire les travaux les plus divers, c'est une expérience communautaire." (Martine Vilet) Trente-cinq plus tard, l'oeuvre de
Dodeigne fait retour sur cette "terre d'élection", à l'initiative de la ville de Vézelay et du centre culturel de l'Yonne. Ses fameux groupes taillés dans la pierre de Soignies étaient exposés dans le narthex de la basilique Sainte-Madeleine, ses dessins dans la salle gothique.
Outre une préface de l'écrivain
Jules Roy, résident fameux de Vézelay, le catalogue a publié la traduction d'un texte important d'
Abraham-Marie Hammacher, qui fut au musée Kröller-Müller d'Otterlo ce que Sandberg avait été au Stedelijk d'Amsterdam. Auteur de
L'Evolution de la sculpture moderne, en 1971,
Hammacher conçut par ailleurs dès 1960 le musée de sculpture en plein air ; pensé comme un prolongement des espaces clos du musée, ce dernier fut inauguré en juin 1961 et joua un rôle déterminant dans l'expérimentation de liens nouveaux entre une oeuvre sculptée et un lieu. Il reviendrait au successeur d'Hammacher,
Rudi Oxenaar, de tisser plus avant le lien qui liait l'artiste à ce musée d'un genre nouveau. Dans le parc de sculptures du musée d'Otterlo, agrandi par les soins d'Oxenaar, l'oeuvre de Dodeigne entre ainsi en résonnance avec les oeuvres de Germaine Richier, Giacometti ou Henry Moore.